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Adresse

Friche de la Belle de Mai, 41 Rue Jobin, Marseille

Exposition hors les murs

La scène artistique belge franchit les frontières et part à la rencontre du public marseillais. Dix artistes de la Fédération Wallonie-Bruxelles exposent leurs œuvres à La Friche dela Belle de Mai, à Marseille, aux côtés de deux artistes locales invitées pour l’occasion. 

Tipping Point (point de basculement, ou seuil critique) désigne cet instant où une société atteint un point de non-retour, basculant irrémédiablement vers une nouvelle configuration. Aujourd’hui, ce sentiment de rupture est omniprésent : les bouleversements climatiques, l’accélération numérique, la polarisation politique notamment, génèrent une anxiété croissante face à l’avenir.

Sous le nom Tipping Point, l’exposition rassemble dix artistes de la scène belge francophone ainsi que deux artistes marseillaises, dont les œuvres partagent toutes une forte présence physique. Certaines se nourrissent du monde numérique ou de la réalité virtuelle, les transposant en une matérialité palpable ; d’autres interrogent le matériau concret, sa texture, ses qualités plastiques. Dans tous les cas, cette présence incarnée s’accompagne d’une émotion froide, inquiète, en phase avec les bouleversements d’une Humanité en mutation.

Face à un monde qui semble nous glisser entre les doigts, ces artistes capturent volontairement ou non l’essence de ce basculement. Et surtout, par leurs pratiques, iels nous ouvrent des voies alternatives.

 

Artistes invité·es: Stephan Balleux, Maëlle Dufour, Charlotte Gautier Van Tour, Amandine Guruceaga, Eva L’Hoest, Gérard Meurant, Sabrina Montiel-Soto, Mountaincutters, Stéphanie Roland, Jonathan Sullam, Anna Safiatou Touré, Emmanuel Van der Auwera.

L’ISELP est un centre de diffusion et de recherche dédié à l’art contemporain. À travers un large éventail d’activités, l’Institut invite des publics variés à explorer les formes artistiques actuelles. Chaque année, l’Institut organise plusieurs expositions et propose un programme discursif mêlant conférences, cours et podcasts. L’ISELP accueille également des résidences artistiques, scientifiques et de médiation. Enfin, des activités pédagogiques viennent compléter cette offre, favorisant la rencontre et la réflexion autour de l’art.

Le Botanique, à Bruxelles, est un lieu où les arts plastiques et la musique se rencontrent. Ancien jardin botanique, il est désormais le centre culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avec une quinzaine d’expositions et plus de 500 concerts à l’année. Engagé dans la promotion de la création émergente, le Botanique soutient les artistes locaux et favorisent l’expérimentation et le dialogue artistique.

 

En pratique

Mercredi au vendredi - 14:00 à 19:00
Samedi et dimanche - 13:00 à 19:00

Retrouvez toutes les informations pratique sur le site La Friche.

En collaboration avec la Loterie Nationale, le Centre Wallonie-Bruxelles/Paris, Wallonie-Bruxelles International, la SABAM, la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Consulat Général de Belgique en France et Art-O-rama.

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© Jodie Way – tirée d’Osez! La douceur des mammouth (Danse K par K, Cie Dame de Pic, Cie Vilcanota)
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Adresse

Danse K par K | 336 Rue du Roi Québec (QC) G1K 2W5

Du 8 au 19 septembre 2026, Québec vibrera au rythme de la danse contemporaine à l’occasion de la nouvelle édition d’Osez!, un événement produit chaque année par Danse K par K

Pendant près de deux semaines, plus d’une trentaine d’artistes participeront à ce rendez-vous qui se déroulera principalement à la Maison pour la danse et à la Place Royale. Osez! se veut avant tout un espace de création, de découverte et de rencontres. L’événement permet au public de découvrir différentes approches de la danse contemporaine, mais aussi aux artistes de se rencontrer, de partager leurs pratiques et de développer de nouvelles collaborations.  

Cette année, Osez! accueille, grâce au soutien du Centre des Arts Scéniques (CAS) et de Wallonie-Bruxelles international, trois jeunes artistes de la relève. 

L’événement accueille également la chorégraphe Natalia Vallebona, une artiste belgo-italienne établie à Bruxelles. Elle sera présente avec son collectif Poetic Punkers et dirigera notamment une création réunissant une douzaine d’artistes participants. Cette collaboration permettra de mettre en lumière la création chorégraphique de Wallonie-Bruxelles et de favoriser les échanges entre artistes québécois et belges. 

À découvrir du 10 au 12 septembre à la Maison pour la danse à Québec

Parmi les activités prévues :

  • Une table ronde consacrée à Wallonie-Bruxelles aura lieu le 11 septembre à la Maison pour la danse. Cette rencontre publique réunira les artistes wallons et bruxellois présents à Osez!. Cette activité sera l’occasion pour les artistes québécois et le grand public de découvrir la réalité de la création chorégraphique en Fédération Wallonie-Bruxelles, mais également de créer un véritable dialogue entre les deux communautés artistiques.  
     
  • Le 12 septembre le public pourra assister à la présentation du résultat d’une création dirigée par Natalia Vallebona. Celle-ci sera réalisée à l’issue de trois jours de travail intensif avec une douzaine d’artistes participants. 
    Cette présentation constitue l’un des moments forts de la présence belge à Osez! 2026. Elle permettra au public de découvrir concrètement le fruit des rencontres et des expérimentations réalisées pendant l’événement. Au-delà du spectacle, cette création témoigne de l’importance accordée par Osez! au processus de collaboration et à la rencontre entre différentes pratiques artistiques. 

Osez! c’est une rencontre artistique unique en son genre entre un ou une chorégraphe et un groupe d’interprètes en danse, réunis pour créer une œuvre éphémère, spontanée et vivante, sous les yeux du public. Cette expérience de création rassembleuse est un concept fondateur pour la compagnie chorégraphique Danse K par K. Le tout culmine par des représentations exclusives, nées de cette effervescence artistique.

L’édition 2026 prend racine dans la ville de Québec et invite trois chorégraphes issus d’horizons artistiques et culturels distincts. Chacun et chacune disposera d’une période limitée de répétition pour donner vie à une courte pièce de danse, un tour de force accompli grâce à la fougue des artistes de la relève, arrimée à l’expérience d’interprètes plus établis. 

Contacts

Délégation générale Wallonie-Bruxelles au Canada/Québec

Délégué général Wallonie-Bruxelles au Québec
19/08/2026

Wallonie-Bruxelles International cherche deux personnes en contrat de remplacement pour renforcer son équipe Comptabilité. Les candidatures sont attendues pour le 31 août 2026 au plus tard.

Description de la fonction

Au sein d’une équipe motivée

Wallonie-Bruxelles International cherche deux personnes en contrat de remplacement pour renforcer son équipe Comptabilité. Les candidatures sont attendues pour le 31 août 2026 au plus tard.

Description de la fonction

Au sein d’une équipe motivée

  • Missions/responsabilités :
    • Assurer le traitement des demandes de liquidation ;
    • Participation à la clôture ;
  • Activités correspondantes :
    • Encodage dans le logiciel comptable du rapprochement facture/engagement ;
    • Imputation dans les comptes ;
    • Vérification dans les dossiers de liquidation (complétude, respect des dispositions bloquantes, sondage arithmétique) ;
    • Passage des écritures d’O.D. pour la clôture ;
    • Justification de comptes ;
      • Salaires ;
      • Amortissements ;
      • Extraits.

Connaissances

  • Très bonnes connaissances en comptabilité (techniques comptables et budgétaires) ;
  • Connaissances en bureautique (Word, Excel niveau intermédiaire ; filtre, tri, formules…) ;
  • Atout : Connaissance des logiciels de comptabilité PIA, EPM, Vanilla, Immo ;
  • Maîtrise parfaite du français tant à l’oral qu’à l’écrit ;
  • Connaissance du décret WBfin est un plus.

Diplôme

Etre titulaire d’un Diplôme de l’enseignement supérieur (Graduat, Bachelier ou équivalent) en comptabilité permettant d’accéder à une fonction du niveau B au moins telle que définie dans l’arrêté des Gouvernement wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles portant statut administratif et pécuniaire des membres du personnel de Wallonie Bruxelles International (WBI). (ainsi que l’attestation d’équivalence dans le cas d’un diplôme autre que belge. Procédure : Fédération Wallonie-Bruxelles - 02/690.89.00 – http://www.equivalences.cfwb.be/).

Sélection

Le concours de recrutement comprend 2 phases :  

La première phase consiste en la vérification du dossier de candidature par WBI des conditions de participation.  

La deuxième phase se compose d’une épreuve orale. Il s’agira d’une épreuve orale sous forme d’un entretien visant à évaluer le profil du candidat en accord avec les compétences techniques et comportementale, la motivation et les affinités avec le travail sur le terrain. La motivation, l’intérêt et les affinités du candidat avec le domaine seront également évalués. Cette épreuve peut être assortie d’une préparation de casus préalable à l’entretien.

La phase deux se déroulera à Bruxelles au siège de WBI.

Dossier de candidature 

Le dossier de candidature est à envoyer par courriel (recrutement@wbi.be) ou par courrier postal (cachet de la poste faisant foi), au plus tard le 31 août 2026 à minuit, à l’attention de :

Madame Pascale Delcomminette
Administratrice générale de WBI
Place Sainctelette, 2
B-1080 Bruxelles

Le dossier de candidature comprend :

  • un curriculum vitae détaillé ;
  • une copie du/des diplôme(s) [accompagnée(s) de l’équivalence dans le cas de diplôme(s) non belge(s)];
  • une lettre de motivation.

Un dossier incomplet ou envoyé hors délai n’est pas pris en compte.

Retrouvez l'offre d'emploi détaillée en pièce jointe.
 

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18/08/2026

L'APEFE, l'agence de coopération internationale intégrée au sein des relations internationales de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie, cherche un.e aide-comptable pour étoffer son équipe. Les candidatures sont attendues pour le 6 septembre 2026 au plus tard.

L'APEFE, l'agence de coopération internationale intégrée au sein des relations internationales de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie, cherche un.e aide-comptable pour étoffer son équipe. Les candidatures sont attendues pour le 6 septembre 2026 au plus tard.

Sous l’autorité du Directeur administratif et financier, en collaboration avec l’équipe Administration & Finance, les responsables de programme ainsi que les équipes locales, le.la titulaire contribue à la bonne gestion de la comptabilité de l’APEFE et participe au contrôle des opérations comptables liées aux projets de coopération, dans le respect des procédures internes et des exigences des bailleurs de fonds.

Descriptif de la mission

En tant qu’aide-comptable, vous jouez un rôle essentiel dans la qualité et la fiabilité des informations financières produites par l’APEFE. Vous apportez un appui au Directeur administratif et financier dans le suivi des opérations comptables et contribuez au bon fonctionnement des projets de coopération en veillant au respect des procédures internes et des exigences des bailleurs de fonds. Plus de précisions dans l'offre détaillée en pièce jointe.

Vous travaillez en étroite collaboration avec le Directeur administratif et financier, la personne responsable du suivi budgétaire, les responsables de programme et les équipes financières locales. 

Vous évoluez dans un environnement multiculturel où la rigueur, la fiabilité des informations financières et le respect des échéances constituent des éléments essentiels au bon déroulement des projets de coopération. 

La fonction est basée au siège de l’APEFE à Bruxelles. Des déplacements ponctuels peuvent être demandés dans le cadre de la fonction.

Profil recherché

  • Être titulaire d’un CESS à orientation comptable ou d’un CESS complété par une formation en comptabilité, ou disposer d’une expérience professionnelle significative permettant de démontrer des compétences équivalentes. Les diplômes présentés par les candidats doivent être reconnus par la Fédération Wallonie-Bruxelles ;
  • Maîtriser parfaitement la langue française, tant à l’écrit qu’à l’oral ;
  • Maîtriser les outils bureautiques courants, en particulier Microsoft Excel ;
  • Posséder une bonne connaissance des principes de la comptabilité générale ;
  • Faire preuve de rigueur, de précision et d’organisation dans le traitement des données comptables ;
  • Être capable d’identifier les anomalies et de proposer les corrections appropriées ;
  • Être capable d’organiser son travail de manière autonome tout en collaborant efficacement avec une équipe ;
  • Faire preuve de discrétion et garantir la confidentialité des informations traitées.

Atouts supplémentaires

  • Expérience dans le secteur de la coopération au développement, des ONG ou des organisations internationales ;
  • Connaissance des procédures financières des principaux bailleurs de fonds (Union européenne, Enabel, etc.) ;
  • Connaissance d'Odoo ou d'un ERP comptable similaire ;
  • Connaissance de l’anglais ;
  • Une expérience professionnelle d’au moins trois ans dans une fonction comptable constitue un atout important.

Avantages

  • Un contrat à durée indéterminée (CDI) à temps plein (38 heures par semaine) ;
  • Une rémunération selon le barème C3 applicable à l’APEFE ;
  • Un horaire flottant, offrant une réelle flexibilité dans l’organisation du temps de travail ;
  • La possibilité de télétravailler ;
  • Des chèques-repas ;
  • Une intervention de 100 % dans les frais de transport en commun ;
  • Une entrée en fonction dès que possible.

Pour poser votre candidature

  • Être ressortissant de l’UE ;
  • Joindre à votre courriel :
    • Une lettre de motivation rédigée dans la langue de l’offre ;
    • Un curriculum vitae ;
    • Une copie du diplôme reconnus par la Fédération Wallonie-Bruxelles ou des attestations de formation mentionnés dans le profil, le cas échéant ;
    • Un extrait de casier judiciaire ;
    • Le cas échéant, une copie des attestations délivrées par les employeurs démontrant l’expérience professionnelle ;
  • Les dossiers de candidature sont à adresser à Monsieur Benoît Stiévenart, Directeur Général de l’APEFE, par voie électronique à l’adresse : candidatures@apefe.org avec la mention « Candidature – APEFE-RH-AC-2026-01 – Nom Prénom » portée dans la rubrique « objet » du message ou via le formulaire sur notre site web.

Les dossiers incomplets ne pourront être retenus. Les candidatures seront classées en fonction des critères définissant le profil. Les personnes retenues seront invitées à passer une épreuve écrite et/ou une épreuve orale. 

Vous pouvez poser vos questions par courriel à l’adresse candidatures@apefe.org

Date limite de dépôt : 6 septembre 2026 

L'APEFE se réserve le droit de prolonger la date limite de publication de l'offre.

Retrouvez l'offre d'emploi détaillée en pièce jointe.

 

Documents liés

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17/08/2026
© Chevening

Vous envisagez un Master au Royaume-Uni en 2027-2028 et avez un projet professionnel ambitieux ? Le processus d’admission aux bourses Chevening est ouvert jusqu’au 6 octobre 2026 !

Vous êtes diplômé·e de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles et vous avez l’ambition de développer un projet professionnel à impact ? Le programme Chevening Scholarships, financé par le gouvernement britannique, offre l’opportunité de réaliser un Master d’un an dans une université britannique.

Vous envisagez un Master au Royaume-Uni en 2027-2028 et avez un projet professionnel ambitieux ? Le processus d’admission aux bourses Chevening est ouvert jusqu’au 6 octobre 2026 !

Vous êtes diplômé·e de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles et vous avez l’ambition de développer un projet professionnel à impact ? Le programme Chevening Scholarships, financé par le gouvernement britannique, offre l’opportunité de réaliser un Master d’un an dans une université britannique.

Public cible 

Le programme s’adresse à de jeunes professionnels qui souhaitent mettre leur formation et leur expérience au service d’un projet de changement positif.

Conditions d'éligibilité

  • être citoyen·ne d’un pays éligible (la Belgique est éligible) ;
  • être titulaire d’un diplôme de premier cycle permettant l’accès à un Master au Royaume-Uni ;
  • disposer d’au moins 2 années d’expérience professionnelle, soit 2.800 heures, acquises après le diplôme de premier cycle ;
  • présenter des expériences démontrant des capacités de leadership ;
  • avoir une vision claire de son projet professionnel et de l’impact que l’on souhaite avoir ;
  • s’engager à retourner dans son pays d’origine pendant au moins deux ans après la fin de la bourse.

Objectifs du programme

Au-delà du financement d’un Master, Chevening vise à développer une communauté internationale de futurs leaders capables de contribuer à relever des défis communs.

Le programme met notamment l’accent sur : la résilience face aux changements climatiques, la croissance et la prospérité, la sécurité, le développement de sociétés plus inclusives.

Que couvre la bourse ?

La Chevening Scholarship couvre notamment :

  • les frais d’inscription au Master ;
  • les frais de voyage aller-retour en classe économique ;
  • une allocation mensuelle pour les frais de vie et de logement ;
  • les frais de demande de visa.

Quelles études ?

La bourse permet de suivre un Master d’un an, à temps plein, au Royaume-Uni. Les candidat·es sélectionnent trois formations éligibles dans leur candidature Chevening et devront obtenir au moins une offre universitaire dans les délais impartis.

Dates à retenir pour la session 2027-2028

  • Date limite : 6 octobre 2026 à 11h00 UTC
  • Entretiens : mars-avril 2027
  • Résultats : à partir de mi-juin 2027
  • Début des études : septembre/octobre 2027

Informations, critères d’éligibilité et candidature pour la Belgique : Belgium (Chevening Scholarship) | Chevening

Plus d’informations sur le programme et sa vision : Our vision | Chevening

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11/08/2026
Image générée par IA

Des robots aux visages presque humains, des assistants conversationnels exprimant des émotions, des avatars toujours plus réalistes dans les mondes virtuels… À mesure que les technologies immersives et les intelligences artificielles se rapprochent de nous, pourquoi suscitent-elles parfois tant de malaise ?

Des robots aux visages presque humains, des assistants conversationnels exprimant des émotions, des avatars toujours plus réalistes dans les mondes virtuels… À mesure que les technologies immersives et les intelligences artificielles se rapprochent de nous, pourquoi suscitent-elles parfois tant de malaise ?

Pour David Ricardo Galeano Cabral, chercheur associé à l’Université Paris 8 et au laboratoire "Cognitions Humaine et Artificielle", cette inquiétude n’est pas un simple réflexe face à la nouveauté. Elle touche à quelque chose de beaucoup plus profond. "On parle ici de notre propre définition de l’être humain", expliquait-il lors de la présentation de multiples recherches doctorales organisée au dernier salon Laval Virtual. Une session à laquelle participait une dizaine de candidats wallons emmenés sur place grâce à Wallonie-Bruxelles International.

"Au début des années 2020, certains échanges entre journalistes et intelligences artificielles conversationnelles ont donné l’impression que ces systèmes étaient vivants", explique le chercheur. "Beaucoup de personnes ont ressenti un trouble difficile à décrire, comme si elles se trouvaient face à quelque chose d’humain… sans que ce soit réellement un humain."

Une illustration de la "vallée de l’étrange"

Ce phénomène est connu sous le nom de "vallée de l’étrange" ("Uncanny Valley", en anglais). Théorisée dans les années 1970 par le roboticien japonais Masahiro Mori, cette notion décrit une réaction paradoxale : plus une machine ressemble à un être humain, plus elle inspire de sympathie. Mais au-delà d’un certain seuil, cette proximité devient source de rejet.

L’exemple le plus parlant est celui d’une main artificielle reproduite à la perfection. À première vue, elle paraît totalement humaine. Pourtant, au moment du contact, elle est froide. "Immédiatement, quelque chose ne va pas", souligne David Ricardo Galeano. "L’illusion se brise. À cet instant, l’empathie s’effondre et laisse place à l’inconfort.

Depuis plusieurs décennies, psychologues et spécialistes des sciences cognitives tentent d’expliquer ce malaise. Certains évoquent une "violation des attentes". Nous nous attendons à ce qu’une main humaine soit chaude, et la différence crée une tension. D’autres mettent en avant notre difficulté à classer ces objets hybrides. Sont-ils des machines ? Des êtres vivants ? Les deux à la fois ?

L’ambiguïté du golem

Pour David Ricardo Galeano, ces explications sont pertinentes, mais incomplètes. Dans ses travaux, il propose un cadre philosophique capable de les réunir autour de deux grandes figures : le monstrueux et le mimétique.

La première plonge ses racines dans l’histoire des mythes et des croyances. Le chercheur s’appuie notamment sur la figure du golem, créature de la tradition kabbalistique juive façonnée à partir d’argile et animée par des forces sacrées.

"Le golem est une figure fascinante parce qu’il occupe un entre-deux", explique-t-il. "Il ressemble à l’être humain sans être véritablement humain. Il est animé, mais il reste fondamentalement différent."

Cette ambiguïté rappelle d’autres figures célèbres, comme celle de Frankenstein. Dans les deux cas, la créature dérange parce qu’elle imite la vie sans en posséder totalement les attributs. "Le monstre n’est pas seulement ce qui est différent", précise le chercheur. "C’est ce qui brouille les catégories et rend le monde plus difficile à comprendre."

L’imitation peut conduire à la rivalité

Mais une seconde hypothèse vient compléter cette lecture. Elle s’appuie sur la théorie du désir mimétique développée par le philosophe René Girard, comme l’explique le chercheur. "Nous imitons constamment les autres", rappelle David Ricardo Galeano. "Nos désirs sont souvent influencés par ceux qui nous entourent. Or, l’imitation peut conduire à la rivalité."

Appliquée aux intelligences artificielles, cette idée prend une dimension particulièrement contemporaine. Les machines ne se contentent plus de nous ressembler physiquement ou verbalement. Elles accomplissent désormais des tâches que l’on considérait comme spécifiquement humaines : écrire, créer, dialoguer, analyser.

"La machine devient alors une concurrente potentielle", explique-t-il. "Ce qui nous inquiète n’est plus seulement sa différence, mais aussi sa similitude. Nous craignons qu’elle puisse nous remplacer."

À première vue, ces deux approches semblent contradictoires. D’un côté, nous rejetterions la machine parce qu’elle est trop différente. De l’autre, parce qu’elle est trop semblable.

"En réalité, la vallée de l’étrange se situe précisément à la rencontre de ces deux mécanismes", affirme le chercheur. "Intuitivement, nous percevons la machine comme un semblable. Mais rationnellement, nous savons qu’elle ne l’est pas. C’est cette tension qui produit le malaise."

Selon lui, cette contradiction s’explique par le fonctionnement même du cerveau. Une partie de notre cognition réagit rapidement aux ressemblances, tandis qu’une autre analyse les différences de manière plus réfléchie. Lorsque les deux évaluations entrent en conflit, l’inconfort apparaît.

Deux expériences pour y voir plus clair

Cette réflexion prend une importance particulière à l’heure où la réalité virtuelle étendue, les robots sociaux et les agents conversationnels se multiplient. Car dans ces environnements immersifs, les frontières entre réel et artificiel deviennent toujours plus floues.

Pour vérifier ses hypothèses, David Ricardo Galeano et son équipe mènent actuellement plusieurs expériences. L’une d’elles utilise un robot dont l’apparence faciale peut être modifiée en temps réel, passant d’un visage clairement mécanique à une représentation très réaliste.

Les participants dialoguent avec ce robot connecté à une intelligence artificielle, tandis que les chercheurs analysent leurs réactions et leurs perceptions.

Les premiers résultats sont surprenants. "Avant l’interaction, les participants attribuent souvent davantage de vie ou de conscience à la machine", observe le chercheur. "Après l’échange, cette impression diminue fortement. L’interaction semble réduire les projections que nous faisons sur elle."

Des travaux similaires sont également menés sur les intelligences artificielles dénuées de corps physique, comme les assistants conversationnels. L’objectif est de déterminer si la vallée de l’étrange existe aussi dans le langage.

Au-delà de la recherche, ces questions intéressent directement les entreprises du secteur technologique. Jusqu’où faut-il rendre les robots et les avatars humains ? À partir de quel moment la ressemblance devient-elle contre-productive ?

Pour David Ricardo Galeano, la réponse dépasse largement le cadre de la technologie. "Ce que révèle la vallée de l’étrange, ce n’est pas seulement notre rapport aux machines", conclut-il. "C’est notre rapport à nous-mêmes. Ces technologies nous obligent à réfléchir à ce qui nous rend véritablement humains."

Cet article a été rédigé par Christian Du Brulle pour la plateforme Daily Science dans le cadre d'un partenariat avec WBI et l'Awex.
 

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Adresse

Centre Wallonie-Bruxelles - 127-129 rue Saint Martin 75004 Paris

Fin 2024, le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris lançait sa biennale Archipel#Chaos-Monde avec un Focus consacré aux territoires outre-marins et panafricains. 

Ces Rencontres entendaient, pour reprendre l’expression de Dipesh Chakrabarty "provincialiser" le regard européen et amener à la confluence de paroles qui bousculent les économies de pensées et incandescient la désobéissance épistémique. 

La première édition de celles-ci fut axée sur la langue française et l’appel à sa dénationalisation. L’idée qu’une langue – le français dénationalisé selon les termes empruntés à Achille Mbembe - déterritorialisé, métissé, inhomogène et vernacularisé – que la pensée de langue française et non française – puisse fertiliser des liens constituait l’un des fils rouges de l’édition inaugurale. 

En cette seconde édition, ce qui fait lien, ce qui fait langue sera la Méditerranée – considérée comme élément possiblement fédérateur non par réduction en similarités mais par valorisation d’une éthique du multiple, du divers et de l’irréductible. 

Dans l’ombre des certitudes, les zones liquides, les zones de flux, la Méditerranée offre l’opportunité d’un récit métaphorique parabolisant des altérités repensées, les traversées, les circulations, les migrations.

Si cette mer dans sa force mythologique est perçue comme matricielle de sociétés qui se sont Métissées, elle pose en creux des enjeux socio-géo-politiques fondamentaux. 

Une pensée de langue française et non française fut le traceur de l’édition 1 d’Archipel#Chaos-Monde et une pensée de la Méditerranée expurgée de la "pax romana" est le fil rouge de cette édition 2. 

Archipel#Chaos-Monde entend valoriser la multiplicité des façons d’être, de parler et de faire monde _ un monde fait d’une multitude de mondes _ via un prisme artistique et réflexif - ces rencontres s’assignent à donner voix à des paroles préfigurant des futurs aspirables et à stimuler des écologies d’alliances. 

Archipel#Chaos-Monde vise par une canopée des propositions à dissoudre l’aspiration à une parole conquérante. Sa programmation s’affranchit d’une taxinomie ordonnée - les écritures artistiques y jaillissent polyphoniquement et puisent leur force de ce qui semble faire défaut : l’ordonnancement et l’homogénéité. Les langues, les récits y sont pluriels – aucune ascendance narrative ne prévaudra. 

Nombreux sont les projets artistiques où se privilégient l’expérience du vécu, de la sensation et de l’esthétique - au sens étymologique du terme se référant à l’aisthêtikos définissant la science du sensible – des œuvres qui ébranlent - Archipel#Chaos-Monde entend être l’Asile de ces créations portées par des artistes qui convient à l’épochè. 

Archipel#Chaos-Monde s’assume comme un projet artistique, cosmopolitique, perspectiviste au sens métaphysique du terme. Un contre feu à la rétrotopia3, une virtualisation qui culbute les visions autant messianiques qu’eschatologiques et qui s’indexe aux imaginaires liés à la Méditerranée perçus, éprouvés polyphoniquement en cette édition 2.

En 2026, Archipel#Chaos-Monde revient donc dans sa forme archipélique et festivalière et est constitué notamment d’un projet qui fut incubé en année 2025, en Belgique, en France, en Égypte, au Liban, en Italie et au Maroc à savoir le cryptique Projet SALE, radio externationale pirate. Les stations radios éphémères qui amarrent dans des cabanes, des tentes, des sites inédits et qui sont réverbérées sur une page internet hébergée sur notre serveur, ces stations furtives n’aspirent pas à être des antichambres de radios conventionnelles mais des vectrices antithétiques de productions non-alignées, autonomes, agiles et natives – des vectrices de diffusions diffractées qui célèbrent les marronnages et les interférences, des mégaphones de subjectivités.

Archipel#Chaos-Monde aura pour "île" également une Anarkhè-Exposition5 nommée Asile-Exodus & Fuga. Celle-ci rassemblera des œuvres qui sondent les enjeux des exils humains et non-humains, de l’inviolabilité, des exodes, des refuges, de l’abri et aussi des mutations – des œuvres qui touchent à la notion d’asile, hautement polysémique. Des œuvres qui déboulonnent les visions et postures statonationales et impérialistes.

Agenda

Du 11 septembre au 10 octobre 2026 : Anarkhè-exposition Asile_Exodus & Fuga 

  • Vernissage le 11 septembre 2026 à partir de 18h30.
  • Du lun. au sam. de 11h à 19h sauf les jeudis de 14h à 21h
  • Au Centre Wallonie-Bruxelles/Paris 127-129 rue Saint Martin 75004 Paris

Du 17 au 19 septembre 2026 : Radio Salé 

  • Les 17 et 18 septembre de 19h à 22h
  • Le 19 septembre de 16h à 19h
  • Sous la cabane construite par la S – Grand Atelier dans la cour du Centre Wallonie-Bruxelles/Paris - 127-129, rue Saint Martin 75004 Paris
  • En direct sur radiosale.fr

Mercredi 23 septembre 2026 : Rencontre littéraire avec Gracia Bejjani et Gracia Makhlouf

  • A 12h30
  • En théâtre du Centre Wallonie-Bruxelles/Paris – 46 rue Quincampoix 75004 Paris

Vendredi 25 septembre 2026

  • Restitution de l’atelier de Precy Numbi "LES ÉCO-MASKÉS"
    • Horaires à confirmer
  • Suivi de "Danser c’est pas pour nous" d’Omar Rajeh & Maqamat
    • A 20h00
    • En théâtre du Centre Wallonie-Bruxelles/Paris – 46 rue Quincampoix 75004 Paris

Du 28 septembre au 3 octobre 2026 : 33e Quinzaine du cinéma francophone 

  • Détails de la programmation ici
  • En Cinéma du Centre Wallonie-Bruxelles/Paris – 46 rue Quincampoix 75004 Paris

Contacts

Centre Wallonie-Bruxelles à Paris

Directrice du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris

04/08/2026
© Christian Du Brulle

Dans la salle de classe, l’auditoire ou le conseil d’administration, des dizaines de regards se tournent vers la personne qui a la parole. Certains participants écoutent attentivement. D’autres décrochent, consultent leur téléphone, leurs mails, soupirent. Si l’orateur perd le fil, son public le lui fait sentir immédiatement…

Dans la salle de classe, l’auditoire ou le conseil d’administration, des dizaines de regards se tournent vers la personne qui a la parole. Certains participants écoutent attentivement. D’autres décrochent, consultent leur téléphone, leurs mails, soupirent. Si l’orateur perd le fil, son public le lui fait sentir immédiatement…

Bienvenue dans l’univers de la recherche de Sarah Saufnay, doctorante en ingénierie de gestion, à HEC Liège. Elle consacre sa thèse à un enjeu aussi universel que complexe : apprendre à parler en public. Comment ? En transformant les réalités de terrain en entraînements virtuels pour candidats orateurs, grâce à la XR, la réalité "étendue".

"Tout a commencé par la création d’audiences virtuelles crédibles", explique la jeune chercheuse, présente au salon Laval Virtual. Derrière cette apparente simplicité se cache un défi majeur, celui de reproduire des comportements humains sans basculer dans l’inconfort. "Si les avatars sont trop réalistes, on crée un malaise. Il faut trouver le juste milieu", dit-elle.

Décrypter la perception de foules virtuelles

Observer, comprendre, simuler : la première étape de sa thèse consiste à décrypter la perception de foules virtuelles. Un groupe est-il jugé attentif ? Distrait ? Le genre ou l’attitude des avatars influence-t-il cette perception ? "On a travaillé sur la manière dont un utilisateur interprète un public dans son ensemble".

Mais très vite, il ne s’agit plus seulement de regarder. Il faut interagir. Grâce à l’intelligence artificielle, les audiences prennent vie. "L’objectif, c’est qu’elles réagissent à ce que dit l’orateur, en temps réel". Une promesse ambitieuse. Dans le casque de réalité virtuelle, chaque mot prononcé peut déclencher une réaction, une question, un signe d’impatience, un regain d’attention.

Techniquement, le processus est millimétré. La parole est analysée, envoyée à un modèle de langage, transformée en réponse, puis incarnée par un avatar. Le tout en quelques secondes. "Le vrai défi, c’est la latence. Il faut que la réponse arrive au bon moment, sinon l’illusion disparaît", dit-elle. Mais elle est aussi très claire : "On ne remplacera jamais un professeur ou une vraie interaction humaine. Ici, on est dans un outil d’entraînement. Un outil qui complète. Pas un outil qui remplace l’expertise humaine".

Le multiples indices d’un signal vocal

L’autre force de ses travaux réside dans l’analyse de la performance. Et contre toute attente, ce n’est pas le corps qui parle le plus… mais la voix. "On peut extraire énormément d’informations à partir du signal vocal", souligne Sarah Saufnay avec enthousiasme, sur le stand de Wallonie-Bruxelles International à Laval Virtual. "Stress, engagement, clarté : tout se lit dans les variations de fréquence, le débit, les silences. La fréquence fondamentale, par exemple, est un excellent indicateur d’anxiété".

Le nombre de mots par minute, le volume, l’intonation… Chaque paramètre devient une donnée exploitable pour affiner le diagnostic de son modèle. Une approche à la fois scientifique et très concrète. Bien entendu, ces environnements ne restent pas confinés au laboratoire. Ils sont déjà testés dans plusieurs facultés. Futurs enseignants, étudiants entrepreneurs, candidats à des présentations importantes : tous peuvent s’exercer dans des conditions proches du réel à prendre la parole devant un public (virtuel) et à moduler leur discours en fonction des réactions suscitées.

Sa prochaine étape portera sur la mesure d’impact de ces discours. Une étude déjà en cours suit des étudiants qui s’entraînent avant de pitcher leur projet. L’objectif de la jeune chercheuse ? "Observer l’évolution de leur confiance et de leurs performances au fil des séances", précise-t-elle.

À un peu plus d’un an de la fin de son doctorat, Sarah Saufnay commence à entrevoir les résultats de ses recherches. "Ce que j’aime le plus, c’est l’enthousiasme des personnes qui testent ce système", conclut-elle.

Cet article a été écrit par Christian Du Brulle pour la plateforme Daily Science, dans le cadre d'un partenariat avec WBI et l'Awex.

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30/07/2026
© Christian Du Brulle

À Cergy-Pontoise, non loin de Paris, dans un bâtiment sans enseigne tapageuse, se dessine l’avenir de la police scientifique. A l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (française), les scènes de crime ne disparaissent plus : elles sont figées, explorées, et désormais… revisitées en XR, la "réalité étendue". "Notre objectif est simple", explique Aurélien Harcaut.

À Cergy-Pontoise, non loin de Paris, dans un bâtiment sans enseigne tapageuse, se dessine l’avenir de la police scientifique. A l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (française), les scènes de crime ne disparaissent plus : elles sont figées, explorées, et désormais… revisitées en XR, la "réalité étendue". "Notre objectif est simple", explique Aurélien Harcaut. "Il s’agit de capturer une scène telle qu’elle est découverte et la rendre exploitable à chaque étape de l’enquête en y ajoutant de multiples informations utiles au fil de l’enquête".

Traditionnellement, une scène de crime ou d’un accident est éphémère. Une fois les relevés effectués, elle disparaît, nettoyée ou transformée. Mais depuis quelques années, une révolution discrète s’est engagée en France. Les lieux sont numérisés. "On fige la scène au moment où on la découvre. Ensuite, cette version numérique devient une référence permanente", explique le gendarme.

Photogrammétrie et scanner laser pour figer les lieux

Sur le terrain, les experts disposent de deux armes technologiques. D’un côté, il y a la photogrammétrie. Des centaines de clichés, parfois capturés par drone, permettent de reconstruire l’environnement en trois dimensions. De l’autre, le scanner laser, redoutablement précis, et particulièrement efficace en intérieur, vient compléter les données.

"Ce sont deux méthodes complémentaires. On choisit en fonction du terrain, mais souvent, on combine les deux", précise le spécialiste. En quelques heures, un appartement, une rue ou même une zone accidentée peuvent ainsi être recréés à l’identique et dans leurs moindres détails.

L’attrait du jumeau numérique enrichi

Longtemps, ces modélisations 3D sont restées sous-utilisées. Trop complexes, trop techniques. "On fournissait déjà des modèles 3D aux magistrats et aux enquêteurs, mais ils n’étaient pas toujours faciles à exploiter", reconnaît Aurélien Harcaut. Aujourd’hui, le modèle informatique devient un véritable outil d’enquête. "On crée ce qu’on appelle un jumeau numérique enrichi. On y intègre tout : photos, vidéos, résultats d’expertises…".

Dans cet environnement virtuel, une trajectoire de balle peut apparaître en un clic, un angle de vue être modifié instantanément, ou encore une hypothèse testée en direct. "Tout est centralisé, lisible, compréhensible. Ça change complètement la manière d’appréhender une affaire", insiste M. Harcaut.

Immersion dans une scène reconstituée

Mais la rupture la plus spectaculaire se joue ailleurs, dans une salle de réalité virtuelle de 120 m². Son nom ? Janus. "À l’origine, c’était 'jumeau numérique de scène'. Et puis Janus, le dieu romain du temps, s’est imposé. Parce qu’on fige un instant", précise Aurélien Harcaut.

Ici, magistrats, enquêteurs, avocats, témoins et suspects peuvent être immergés simultanément dans une scène reconstituée. Casque sur la tête, ils évoluent ensemble dans un espace virtuel, observant, rejouant, confrontant les versions. "Chacun voit ce que fait l’autre. C’est une reconstitution, mais sans les contraintes du réel", précise le gendarme.

Un atout majeur. Car dans la pratique, retourner sur une scène peut s’avérer impossible. Le lieu peut avoir été détruit ou remis en état, par exemple lors d’un accident ferroviaire, qui nécessite une remise en service rapide des voies. L’environnement peut être dangereux, les coûts logistiques trop élevés… "Dans certains cas, sécuriser un site pendant plusieurs heures est irréalisable", souligne le spécialiste, au salon Laval Virtual. "Avec Janus, on recrée tout, sans risque".

Un outil stratégique pour la justice et la police

Cette immersion ne se limite pas à l’effet "waouh". Elle transforme concrètement le travail judiciaire. Pour les experts, d’abord. "Certains, comme les balisticiens ou les spécialistes des traces de sang, gagnent énormément en efficacité. Manipuler une scène en réalité virtuelle est beaucoup plus intuitif qu’avec une souris", explique Aurélien Harcaut.

Pour les magistrats, ensuite. La compréhension d’un dossier complexe devient plus immédiate. "On passe d’un dossier technique à une expérience visuelle".

Pour les reconstitutions, enfin, l’impact est potentiellement décisif. Témoins et suspects peuvent rejouer les faits dans des conditions proches du réel, sans quitter un environnement sécurisé.

Derrière cette innovation, les moyens restent limités. L’équipe dédiée à la numérisation compte seulement quatre spécialistes pour toute la France. "Ils interviennent partout, en métropole comme en Outre-mer", souligne Aurélien Harcaut.

Dans certains cas, la rapidité est cruciale. "Sur un accident ferroviaire, il faut intervenir immédiatement. Les équipes partent parfois en hélicoptère". Mais dans la majorité des situations, un délai de 24 à 48 heures reste acceptable. "Contrairement aux traces biologiques, la structure d’une scène ne se dégrade pas immédiatement", rappelle-t-il.

Une coopération internationale en marche

"Beaucoup de magistrats nous disent : 'Si on avait eu ça avant, certaines affaires auraient été plus simples'". Conséquence : les demandes explosent. Les premières reconstitutions judiciaires en réalité virtuelle doivent avoir lieu dans les prochains mois.

Reste une question : cette technologie, va-t-elle se démocratiser ? À terme, les tribunaux pourraient être équipés de leurs propres salles immersives. "L’idée serait qu’ils puissent faire les reconstitutions eux-mêmes, avec nos outils", envisage Aurélien Harcaut. Mais cela dépendra des financements et de la volonté politique.

Au-delà des frontières françaises, l’intérêt grandit. Plusieurs pays européens travaillent sur des projets similaires. "On commence à échanger avec d’autres forces de police. L’objectif, c’est de partager les bonnes pratiques", explique le gendarme français.

Au début de cette année, la Police fédérale belge a de son côté inauguré à Bruxelles une structure du même genre : le XR-Labs. Ce projet est le fruit d’une collaboration avec la Défense et la Douane.

Ce simulateur belge permet l’organisation de formations pluridisciplinaires. Et il a déjà été mis à contribution dans le cadre d’une reconstitution virtuelle.

Cet article a été écrit par Christian Du Brulle pour la plateforme Daily Science dans le cadre d'un partenariat avec WBI et l'Awex.

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24/07/2026
© LabXR / ULiège

Sur l’écran, un avion-cargo vient d’atterrir à l’aéroport de Liège. Le Boeing roule vers sa zone de parking. Casque de réalité virtuelle sur la tête, le manutentionnaire observe la scène, prend les commandes d’un engin de piste pour décharger l’aéronef et…. c’est la collision ! "Voilà, tu as cassé l’avion", lance, amusé, le professeur Michael Schyns, témoin de la scène. Ici, pourtant, aucune inquiétude. L’accident est virtuel. Et c’est précisément tout l’intérêt.

Sur l’écran, un avion-cargo vient d’atterrir à l’aéroport de Liège. Le Boeing roule vers sa zone de parking. Casque de réalité virtuelle sur la tête, le manutentionnaire observe la scène, prend les commandes d’un engin de piste pour décharger l’aéronef et…. c’est la collision ! "Voilà, tu as cassé l’avion", lance, amusé, le professeur Michael Schyns, témoin de la scène. Ici, pourtant, aucune inquiétude. L’accident est virtuel. Et c’est précisément tout l’intérêt.

Derrière cette démonstration spectaculaire, se cache l’un des laboratoires les plus dynamiques en matière de réalité virtuelle appliquée : le LabXR, de l’Ecole de commerce (HEC) de l’ULiège. Dirigé par le Pr Schyns, on y développe depuis plusieurs années des outils immersifs qui transforment en profondeur la manière d’apprendre, de s’entraîner, et même de travailler.

Tout un aéroport dans un casque

A l’écran, la première claque est visuelle. Devant soi, l’aéroport de Liège a été intégralement modélisé. Pistes, avions, véhicules… tout y est. Même ce qui n’existe pas encore. "Tout ce que vous voyez devant vous, c’est le futur aéroport tel que défini dans le master plan. Ce sera construit prochainement, mais nous pouvons déjà le visiter, y évoluer et y apprendre les bons gestes", explique le chercheur.

Ce jumeau numérique permet non seulement d’explorer les lieux, mais surtout de s’y former. L’utilisateur se retrouve plongé dans des situations réelles : manipuler un "high loader" (véhicule aéroportuaire utilisé pour le chargement et le déchargement de fret), se déplacer sur le tarmac, respecter les règles de sécurité. "Dans la vraie vie, on ne peut pas immobiliser un avion pour former quelqu’un. Ici, on peut s’entraîner autant qu’on veut et sans danger", précise Michaël Schyns.

Bien entendu, l’apprentissage passe aussi par l’erreur. L’engin est parfois volontairement mal positionné, les conditions rendues plus difficiles. "On veut que l’utilisateur se trompe, et qu’il comprenne pourquoi", dit-il.

Une vraie technologie de terrain

L’outil XR est ici loin d’être un simple prototype. À l’Académie de l’aéroport de Liège, certains modules font désormais partie du quotidien des formations. "Le module MAN, c’est le permis de conduire du tarmac. Et il est utilisé en continu", précise le Pr Schyns.

"Dans un environnement aussi sensible que celui d’un aéroport, où chaque erreur peut avoir des conséquences lourdes, la simulation XR devient un atout majeur. Elle permet de former plus vite, plus souvent, et dans des conditions parfaitement contrôlées", explique le Pr Schyns alors qu’il est venu présenter ses solutions au salon Laval Virtual, grâce au soutien du service Recherche et Innovation de Wallonie-Bruxelles International.

Son laboratoire ne se limite pas à la formation. Il explore aussi la gestion en temps réel des opérations aéroportuaires. Connecté aux systèmes de l’aéroport, le jumeau numérique permet de suivre les avions, les cargaisons, les véhicules en temps réel. "On filme les opérations et on essaie de détecter automatiquement ce qui se passe : quel véhicule est présent, où en est le déchargement, s’il y a du retard…".

Un défi de taille. Entre contraintes techniques et réglementaires (notamment sur l’usage des caméras), les solutions doivent être adaptées en permanence. "Les algorithmes classiques ne suffisent pas. Il faut les repenser", explique-t-il.

Laval Virtual, vitrine et laboratoire d’idées

Et c’est ici qu’intervient l’intelligence artificielle. Elle est intégrée là où elle fait sens. "Aujourd’hui, tout le monde veut mettre de l’IA partout. Mais souvent, on ne sait pas pourquoi", observe Schyns. "Nous, on l’utilise quand elle apporte une vraie valeur".

Particularité notable : les modèles fonctionnent directement dans le casque, sans dépendre de serveurs externes. Un choix stratégique, notamment pour protéger les données.

Au LabXR, grâce à une équipe d’une quinzaine de personnes comprenant des développeurs, des chercheurs, des spécialistes 3D, le laboratoire avance à la croisée de la recherche et de l’industrie. "Je fais de la recherche, mais j’aime qu’elle soit utile", indique encore le scientifique. "Et plutôt que de figer les projets, je veux que le laboratoire adopte une approche agile. Nos outils évoluent en continu, en collaboration étroite avec les utilisateurs. C’est simple, dans de tels projets, on se revoit toutes les deux semaines avec les gens de terrain et on ajuste. Les besoins évoluent, et la technologie aussi".

Dans ce contexte, la présence du LabXR à Laval Virtual prend tout son sens. L’événement est un carrefour entre recherche et industrie, un lieu d’observation privilégié. Michaël Schyns y ouvre donc grands les yeux . "Ici, on voit comment les entreprises s’approprient ces technologies. C’est essentiel pour nous", dit-il. Le professeur y joue aussi un rôle stratégique au niveau européen, participant aux réflexions sur les mondes virtuels et le web 4.0. Au final, ce qui frappe ici, ce n’est pas seulement la technologie, c’est surtout son intégration progressive dans des usages concrets.

Cet article a été rédigé par Christian Du Brulle pour la plateforme Daily Science dans le cadre d'un partenariat avec WBI et l'Awex.

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