Vitrine de la création contemporaine wallonne et bruxelloise, Plat(e)Form(e) confirme son succès
Du 26 au 28 mai, des programmateurs et professionnels des arts de la scène internationaux se sont retrouvés à Bruxelles pour Plat(e)Form(e). Cette initiative, portée par Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse (WBTD), le Flanders Arts Insitute - Kunstenpunt et le Kunstenfestivaldesarts, en partenariat avec le Théâtre National Wallonie-Bruxelles et le Beursschouwburg, permet à des artistes et compagnies de la création contemporaine belges de présenter leur travail à un public professionnel international.
Trois jours durant lesquels 23 artistes et compagnies ont proposé des présentations de travaux ou des extraits de leurs futurs spectacles à pas moins de 72 professionnels internationaux venus de 27 pays dans le monde (Belgique, Argentine, Australie, Autriche, Inde, Bulgarie, Chili, Chine, République tchèque, Espagne, Estonie, Finlande, France, Liban, Allemagne, Colombie, Grèce, Indonésie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République démocratique du Congo, Ecosse, Sénégal, Suisse, Royaume-Uni).
Placer la création wallonne et bruxelloise sur la scène internationale
Proposer aux professionnels internationaux la découverte de projets wallons et bruxellois en cours de production permet à la scène locale d’être soutenue et visibilisée à l’étranger. Le programme de pitchs et de showcases est complété par des discussions autour de thématiques importantes pour le secteur, ainsi que par des moments de rencontres plus informels. L’événement se veut un espace d’échange, de réciprocité et de réflexion sur ce que représente la création contemporaine et comment la présenter internationalement.
Pour l’agence Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse (WBTD), ce genre d’événement est essentiel car il permet de répondre aux besoins des artistes et des chargés de production et diffusion de Wallonie-Bruxelles en leur donnant de la visibilité auprès des programmateurs internationaux. L’objectif est de créer du lien entre les opérateurs culturels de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) et le secteur des arts vivants à l’étranger afin de pouvoir obtenir des résidences de création, des coproductions ou des dates de pré-achats des spectacles.
La collaboration avec Kunstenpunt primordiale
Le paysage public belge ayant la complexité qu’on lui connaît, il est essentiel de pouvoir offrir aux programmateurs internationaux une meilleure compréhension du fonctionnement de nos institutions et de nos pouvoirs publics. La collaboration avec Kunstenpunt – Flanders Arts Institute est à ce titre essentielle, notamment dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts (KFDA), festival des arts de la scène à renommée internationale, qui a la particularité d’être bi-communautaire puisqu’il est soutenu par le Gouvernement flamand et par le Ministère de la Culture de la FWB. Cela permet d’unir les forces en mettant en commun les réseaux professionnels de WBTD et du Kunstenpunt, attirant ainsi un plus grand nombre de professionnels étrangers.
Des artistes conscients de l’opportunité
Pour les artistes et compagnies, participer à Plat(e)form(e) est une opportunité exceptionnelle.
Héloïse Ravet est comédienne et metteuse en scène. Elle présentait un showcase de son prochain spectacle. Pour elle, participer à Plat(e)form(e), « c’est important parce que c’est l’occasion de pouvoir, dans un temps très court et dans le même espace, rencontrer des professionnels internationaux et d’autres artistes qu’on n’aurait pas l’occasion de pouvoir rencontrer autrement. C’est une grande chance de pouvoir rencontrer tout ce monde au même moment et au même endroit. Ça permet de dialoguer avec les programmateurs et potentiellement d’ouvrir les premiers partenariats ».
Il n’en est pas autrement pour Nicolas Mouzet Tagawa. Metteur en scène, scénographe et professeur à La Cambre et l’INSAS, il proposait quant à lui un pitch de son prochain projet. Il explique : « Pour nous qui sommes en début de processus sur ce projet, participer à Plat(e)form(e) représente une opportunité de faire entendre le projet et ses enjeux à un moment où on n’a pas encore de réelle matière à montrer. Cela favorise la création d’un réseau, la recherche de coproductions. La rencontre d’un réseau international est très importante car ce sont des personnes qui ne sont pas faciles à toucher dans le cadre de rencontres bruxelloises ». Il espère rencontrer des partenaires avec lesquelles puisse s’inscrire une relation artistique au long cours : « C’est toujours un peu comme ça qu’on essaie de fonctionner : trouver des partenaires qui peuvent investir et nous suivre. Et puis aussi des personnes qui pourraient être intéressées par le projet, qui pourraient nous accueillir en résidence, qui pourraient acheter ou pré-acheter le projet ».
Alphonse Eklou Uwantege, lui, est artiste émergent, chorégraphe et performeur sur la scène bruxelloise. Il présentait également un pitch de son projet. Pour lui, « participer à Plat(e)form(e) représente une possibilité de visibiliser mon travail en-dehors du territoire bruxellois et belge. Mon travail parle justement de questions de territoire, de déplacement, d’immigration. C’est donc intéressant de voir comment, à travers cette plateforme, je peux venir toucher d’autres histoires, d’autres espaces, d’autres festivals qui pourraient être en lien avec les communautés auxquelles je m’adresse ». Il est conscient que « les retombées ne vont pas être forcément immédiates. De plus, avec un pitch de 10 minutes, ça ne permet de rentrer vraiment dans la profondeur de mon travail. C’est au fil du temps que les choses se feront. Il faut attendre, être patient… » Cependant, il sait que les opportunités de réseautage sont importantes. Même si pour lui, c’est un peu devoir vendre son histoire familiale, il avoue que « mon objectif en étant ici, c’est de sortir de ce cadre un peu binaire de programmateur/porteur de projet et se rencontrer en tant qu’humains. Voir ce qui peut intéresser les uns et les autres et que les échanges continuent dans le long terme ».
Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse, partenaire de choix pour les artistes
Être accompagnés dans leur développement international par Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse est une chance énorme pour les artistes de la FWB.
Pour Héloïse Ravet, l’accompagnement de WBTD est essentiel pour le développement de l’artiste : « Moi je travaille avec le bureau de production Bloom Project, qui s’occupe beaucoup de cette partie-là : trouver les appels pour des soutiens et y répondre. On ne pourrait pas travailler de la même manière si on ne bénéficiait pas d’aides comme l’aide à la captation ou le soutien pour les déplacements à l’étranger proposés par WBTD. Et pouvoir participer à ce type d’événement, comme Plat(e)form(e) est capital. Ce sont des portes importantes vers l’étranger qui s’ouvrent ». Grâce à WBTD et au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, Héloïse sera également de la partie lors de Major Tom, en juillet à Avignon, un dispositif du même style qui permet aux artistes de présenter leur travail en France.
Nicolas Mouzet Tagawa, de son côté, estime également que « L’accompagnement de WBTD est particulièrement déterminant et professionnalisant, car il permet de réaliser un tas de petites dépenses, qu’on appelle petites dépenses mais qui sont en fait des choses qui alourdissent énormément les budgets de création. Il s’agit cependant de dépenses essentielles car elles permettent le développement et toute la communication et la diffusion autour de la création. Que ce soit pour la réalisation de captations, les sur-titrages ou la possibilité de voyager à l’étranger. Et plus les projets avancent et se développent et plus on a besoin de structures comme WBTD pour assurer ces dépenses-là. Parce que précisément, ce sont presque des dépenses invisibles, mais si elles ne sont pas là, le travail ne peut pas se développer. Sans ce soutien, soit ces dépenses seraient supprimées, soit les budgets de création eux-mêmes seraient très impactés. Ces aides sont vraiment des poches d’air pour les budgets de création ».
Plat(e)form(e) 2026 fût encore un beau succès. Trois jours inspirants de rencontres, de découvertes et d’échanges autour de la création contemporaine de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Artistes et professionnels étrangers du secteur sont repartis la tête pleine d’espoir pour les premiers et les carnets de note bien remplis pour les seconds !