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80 ans de l'ONU : l'implication efficace de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles

06/01/2026
Salle de l'Assemblée générale au siège de l'ONU à New York ©️ UN Photo/Manuel Elías
Salle de l'Assemblée générale au siège de l'ONU à New York ©️ UN Photo/Manuel Elías

L’Organisation des Nations Unies célébrait ses 80 ans cette année. Si elle connaît des succès majeurs, notamment au travers des actions de ses organisations et agences spécialisées comme l’OMS, l’UNESCO, le HCR, elle est aussi confrontée à de nouveaux défis. Très attachées au multilatéralisme, la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) sont présentes au cœur du système multilatéral de l’ONU.

D'où viennent les Nations Unies ?

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le 26 juin 1945, à San Francisco, la Charte des Nations Unies établissait l’Organisation des Nations Unies afin de "préserver les générations futures du fléau de la guerre". La nouvelle organisation comptait alors 51 membres. Aujourd’hui, 193 États en sont membres. Sa mission et son travail sont guidés par les objectifs et principes énoncés par sa Charte. Entrée en vigueur le 24 octobre 1945, elle définit six organes principaux : l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle, la Cour internationale de justice et le Secrétariat auxquels s’ajoutent des Agences spécialisées dans différents domaines.

A quoi sert l'ONU ?

Ses objectifs premiers sont le maintien de la paix, la sécurité internationale et la protection des droits humains. En 1948, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme a placé les droits humains à la lumière du droit international. Elle les protège par des instruments juridiques et un travail de terrain à travers le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH). Son action humanitaire a débuté au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en aidant à reconstruire l’Europe sinistrée. À l’heure actuelle, la communauté internationale compte sur elle pour répondre aux catastrophes d’origine naturelle ou humaine, auxquelles un pays ne pourrait faire face. En 2015, elle a lancé son programme de développement durable. Quant au respect du droit international, il est effectué par les cours de justice à l’aide des traités multilatéraux.

80 ans, un bilan et des défis

En promouvant la paix, les droits humains et le progrès social, y compris l’accès aux soins de santé et à l’éducation, les Nations Unies ont amélioré la vie des populations. L’ONU est indispensable à la paix, à la justice et à l’égalité dans le monde. Elle contribue à la durabilité de la planète, aide et protège plus de 100 millions de personnes chaque année. Par le biais de ses 15 agences spécialisées, la Communauté internationale s’attaque notamment à la pauvreté, à la faim et aux maladies et fournit une aide humanitaire dans les situations d’urgence et de crise.

Quatre-vingts ans après sa création, l’ONU est toutefois confrontée à de nouveaux défis. La crise climatique fait rage, les inégalités se creusent et la pauvreté augmente. Le terrorisme et l’extrémisme violent persistent. Le nombre de réfugiés dans le monde a doublé ces 10 dernières années. De nouvelles menaces apparaissent à mesure que l’intelligence artificielle (IA) devient omniprésente, devançant la réglementation, par exemple dans la culture et l’information. Le multilatéralisme est remis en question par certains et l’ONU connaît une crise des liquidités importante.

En septembre 2024, les États membres des Nations Unies se sont à nouveau engagés à relever ces défis ensemble, en adoptant le Pacte pour l’avenir. Celui-ci vise à renforcer la coopération internationale et à rétablir la confiance dans le multilatéralisme, les Nations Unies et le Conseil de sécurité. Il couvre un large éventail de questions : paix et sécurité, développement durable, changement climatique, coopération numérique, droits humains, égalité des genres, jeunesse et générations futures. L’approche universelle du multilatéralisme permet aux Nations de faire face aux défis mondiaux complexes.

Cet anniversaire intervient alors que l’ONU traverse une crise aux multiples facettes qui interroge sur son avenir. En mars 2025, Antonio Guterres a lancé l’initiative ONU80 destinée à améliorer l’efficacité des Nations Unies. Son objectif est de transformer la manière dont l’ONU fonctionne. La 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, placée sous le thème "Mieux ensemble : 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits humains", du 22 au 30 septembre 2025, dit bien que l’Organisation est à un moment charnière pour renouveler l’engagement mondial en faveur du multilatéralisme et de la solidarité.

Accomplissements majeurs

Le travail des agences de l’ONU a répondu à des crises, a permis de diminuer la pauvreté, d’avoir des avancées en matière de droits des femmes, a mené à l’élaboration de traités importants, comme le Traité de Paris ou le Traité Pandémie, notamment.

Par exemple, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), fondée en 1948, dirige les efforts mondiaux visant à étendre la couverture sanitaire universelle (liste de médicaments essentiels, vaccinations recommandées…). Elle
coordonne les interventions dans les situations d’urgence sanitaire à l’échelle mondiale et elle favorise l’amélioration de la santé grâce à des actions concrète. L’OMS intervient dans les épidémies d’Ebola en apportant un soutien aux gouvernements nationaux, en facilitant l’accès à des vaccins et traitements et en renforçant les capacités de gestion et de protection de la maladie. Elle a également joué un rôle crucial lors de la pandémie de Covid-19 en aidant les pays à réagir, en formant et mobilisant les travailleurs de santé, en réunissant les plus grands chercheurs du monde afin d’identifier les priorité de recherche de vaccins. Le 20 mai 2025, les 194 États membres de l’OMS ont signé un accord mondial sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies.

Autre exemple avec l'UNESCO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture, organisme spécialisé qui oeuvre à renforcer les liens à travers l’éducation, la science, la culture et la communication. Protéger les réserves naturelles et le patrimoine, répondre aux enjeux de l’IA et aux évolutions du secteur culturel, garantir l’accès à l’éducation, à une information fiable en sont quelques exemples.

Fondé en 1950, à l’origine pour venir en aide aux millions de personnes déplacées par la Seconde guerre mondiale, le HCR, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, est quant à lui intervenu sur plusieurs continents, en fournissant une assistance vitale et une protection aux réfugiés, aux demandeurs d’asile, aux apatrides et aux personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. Il s’efforce de garantir les droits et le bien-être des réfugiés. L’objectif est de les aider à retourner dans leur pays d’origine, sinon de les aider à s’intégrer dans leur pays d’accueil ou un autre pays.

À La Haye, la Cour Internationale de Justice (CIJ), l’organe judiciaire principal de l’ONU, peut être saisie par l’ensemble des Etats membres de l’ONU et tout Etat ayant reconnu sa compétence.

En outre, des sommets essentiels sur les objectifs de développement durable et sur l’ambition climatique ont régulièrement lieu, notamment en 2023. En juin 2025, la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan visait à accélérer l’action en faveur de la conservation et de l’utilisation durable des océans, suivie de la 30e Conférence des Parties sur les Changements climatiques à Belém, au Brésil.

En Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles, quelle implication ?

L’accès aux enceintes internationales pour la FWB et la Wallonie leur offre de la visibilité, de l’influence et des retombées concrètes pour les populations. En effet, dans le cadre des travaux de l’ONU, ses organisations internationales et agences spécialisées, la Belgique francophone est directement impliquée dans les négociations et discussions portant sur l’éducation et la recherche, la santé, les droits humains, l’égalité des genres, l’inclusion, la culture, le patrimoine, l’environnement et le climat, la jeunesse et le sport. La Wallonie et la FWB sont, en outre, directement représentées dans 2 hauts lieux de l’ONU : Genève où sont logées de nombreuses organisations et organes des Nations Unies (OMS, OIT, HCDH, OCHA, HCR, OIM, OMM, UNECE…) et Paris, qui héberge l’UNESCO.

Sharon Weinblum, Déléguée générale Wallonie-Bruxelles à Genève, assure la représentation diplomatique de la FWB et de la Wallonie auprès de l’Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève. "Notre présence nous permet de porter la voix de nos gouvernements dans les négociations multilatérales à Genève, explique-t-elle. Par exemple, nous étions impliqués lors des négociations du texte du Traité Pandémie de l’OMS. En mai dernier, le Ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, chapeautait ainsi la délégation belge à la 78e Assemblée mondiale de la Santé qui a vu l’adoption historique du Traité Pandémie. Défis sanitaires mondiaux, accès aux médicaments, crises humanitaires, adoption du Traité Pandémie furent au cœur des discussions. L’occasion de réaffirmer le soutien de la Wallonie au travail du personnel de soin, au rôle crucial de l’OMS et au multilatéralisme. Nous participons également aux différentes négociations en lien avec l’environnement ou encore aux examens de la mise en œuvre par la Belgique des Conventions ayant trait aux droits humains. Étant donné les accords-cadres signés par la Wallonie avec l’OMS et l’OIT, ainsi que la contribution au Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme par la FWB, nous pouvons également promouvoir des actions concrètes avec ces organisations sur le terrain, comme en Afrique francophone ou en Palestine".

Martin Ouaklani, Conseiller à la Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Paris, est chargé de la représentation auprès de l’UNESCO et de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économiques). En effet, la Délégation générale à Paris est le poste diplomatique de la FWB et de la Wallonie auprès des autorités françaises, ainsi qu’auprès des organisations internationales situées à Paris, comme l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’UNESCO et l’OCDE. "Vu leurs compétences gouvernementales, la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles disposent d’un rôle de premier plan dans ces forums internationaux lorsqu’il s’agit de culture, de patrimoine, d’éducation ou de recherche scientifique. Par exemple, la FWB peut représenter la Belgique dans différentes instances, tels que le Comité qui pilote la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle".

Réseau des Villes créatives au KIKK Festival à Namur

Depuis 2004, le Réseau des villes créatives de l’UNESCO rassemble des métropoles du monde entier. Celles-ci font de la créativité et des industries culturelles des piliers de leur développement durable local et coopèrent activement au niveau international. Ce réseau compte aujourd’hui 408 membres dans plus de 100 pays. Depuis son élection dans le réseau en 2021, Namur a su bâtir une identité forte autour des arts numériques. Ce foisonnement s’exprime notamment à travers le programme Innovative City Lab lancé en 2014 en partenariat avec l’UNamur et la Province de Namur. Ce projet a conduit à la création d’infrastructures phares telles que les hubs créatifs du TRAKK et du NID. Autre vecteur de rayonnement, le KIKK Festival, festival international dédié aux cultures numériques et créatives, attirant chaque année des milliers de participants du monde entier. Depuis quatre ans, le Service Recherche et Innovation de Wallonie-Bruxelles International (WBI) œuvre pour faire de Namur et du KIKK Festival un rendez-vous annuel incontournable pour la coopération internationale dans les industries créatives. En octobre 2025, une vingtaine de Villes créatives numériques étaient invitées à Namur, d’Austin (Texas) à Gwangju (Corée du Sud), en passant par Tbilissi (Géorgie) et Modène (Italie). Grâce à ces initiatives, Namur et la Wallonie s’inscrivent pleinement dans la dynamique internationale du Réseau des villes créatives, en mettant l’accent sur l’innovation et la culture pour construire un avenir durable au service des populations.

En outre, 2025 a constitué un cru particulier pour la Wallonie puisque les villes de Liège et d’Andenne ont également été élues membres du Réseau des Villes créatives de l’UNESCO, respectivement dans les secteurs de la Musique et des Arts populaires. Bien plus qu’un jumelage, cette intégration permettra des partenariats ambitieux avec des métropoles et des institutions culturelles championnes dans leurs catégories. Une illustration supplémentaire de la créativité phénoménale en Belgique francophone, ainsi que de son ouverture au monde.

Comment la Wallonie contribue-t-elle aux conférences climatiques internationales ?

La Wallonie contribue aux conférences climatiques internationales principalement par le biais de financements et le développement de technologies climatiques innovantes. La Wallonie et la FWB participent aux grandes conférences climatiques internationales et la Convention sur la Diversité biologique, aux travaux de l’Union internationale pour la conservation de la nature, au suivi de l’Agenda 2030 pour le Développement durable et aux négociations relatives à la préparation des futurs ODD post 2030, notamment pour y défendre un objectif spécifiquement dédié à la culture. "Notre participation à ces organisations internationales nous donne accès à des analyses et recommandations politiques basées sur des données économiques et environnementales utiles au renforcement de notre prospérité et de notre capacité d’adaptation et de résilience via la mise en œuvre des politiques publiques efficaces", souligne Luc Paque, Inspecteur général - Département Union européenne, Affaires multilatérales et Francophonie de WBI.

La Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles : agir ensemble à l’international

Pour réaffirmer leur attachement au multilatéralisme, Elisabeth Degryse, Ministre-Présidente de la FWB, et Adrien Dolimont, Ministre-Président de Wallonie, ont présenté ensemble, le 12 juin dernier, la nouvelle "Note de Politique Internationale (NPI) 2024-2029". Une nouvelle stratégie commune. Bien que l’ONU et ses agences soient pensées par et pour les Etats, la Wallonie et la FWB ont pu y faire leur place au fil du temps. Pour la première fois, cette politique a été élaborée avec la contribution active d’acteurs de terrain (académiques, artistes, entrepreneurs, opérateurs culturels) pour garantir une action internationale ancrée dans les réalités locales.

Trois axes stratégiques sont mis en avant par les deux gouvernements : l’économie, l’enseignement supérieur et la recherche, et la culture en ce compris les ICC. Pour rayonner à l’étranger, l’accent sera mis sur des secteurs de pointe : défense, technologies vertes, santé, intelligence artificielle, agroalimentaire… L’objectif est d’attirer les investissements, de soutenir les PME et de renforcer l’exportation avec l’aide de l’AWEX (Agence wallonne à l’exportation). La Wallonie et la FWB comptent sur leurs scientifiques et universités pour participer aux grands programmes européens. Les industries culturelles et créatives (ICC) seront soutenues à l’international, tout comme la langue française, le patrimoine et la diversité des cultures, au cœur de cette ambition. Cette nouvelle dynamique se veut pragmatique et réaliste, mais aussi porteuse d’un engagement en faveur de leurs valeurs fondamentales : démocratie, droits humains et ouverture au monde.

La FWB et la Wallonie réaffirment leur attachement au multilatéralisme, avec un engagement ciblé sur un nombre défini d’organisations internationales à fort effet de levier. L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), les organismes multilatéraux dont le Conseil de l’Europe, l’OCDE, les organisations spécialisées de l’ONU (UNESCO, OMS, etc.), le CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire ou encore l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).

Focus sur des collaborations et projets récents

  • Dans le cadre de leur action multilatérale à Genève, la Wallonie et la FWB ont signé plusieurs accords-cadres avec des organisations internationales. En 2022, le Ministre-Président de la FWB a signé un accord avec le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme dans le but de promouvoir et de protéger les droits de l’homme en République démocratique du Congo.
  • La même année, le Ministre-Président wallon a signé un accord avec l’OMS visant à soutenir des programmes et des activités de renforcement des systèmes de santé de plusieurs pays d’Afrique en s’appuyant sur les compétences et l’expertise du secteur wallon de la santé.
  • En 2023, le Ministre-Président wallon a signé un accord de coopération avec l'OIT (Organisation Internationale du Travail), renforçant ainsi la coopération entre les deux entités et intégrant la Wallonie dans la Coalition mondiale pour la justice sociale, avec comme objectif de faire avancer la justice sociale et de promouvoir le travail décent.
  • Du 21 au 31 juillet 2024, le Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO s’est déroulé à New Delhi en Inde. La Belgique a vu son rôle au Comité se consolider grâce à un engagement remarquable et un travail d’équipe des experts belges, ainsi qu'à la nomination de Martin Ouaklani au poste de Rapporteur de la 46e session du Comité du Patrimoine mondial, en tant que représentant du Gouvernement wallon. "Le Comité du Patrimoine mondial est un moment unique dans le multilatéralisme", souligne-t-il. De 2021 à 2025, la Belgique et ses régions ont l’honneur de siéger à ce prestigieux Comité. Cette participation active contribue au déploiement de la diplomatie culturelle et scientifique de la Wallonie auprès des Nations Unies. La Belgique et ses Gouvernements régionaux ont soutenu la valorisation de sites africains, contribuant à un meilleur équilibre géographique du Patrimoine mondial. Parmi ces sites, citons la Cour royale de Tiébélé, joyau de l'architecture Kassena au Burkina Faso, qui fait l'objet d'une coopération avec l'Agence wallonne du Patrimoine (AWAP) depuis plus de dix ans, ou encore le Parc naturel de Niokolo-Koba au Sénégal, partenaire d'ULB-Coopération. La Wallonie s’est particulièrement investie pour l’assistance urgente vers des sites en Ukraine et en Palestine, placés sur la Liste du patrimoine en péril. Ces décisions reflètent la vision belge du patrimoine qui vise à faire vivre des communautés en générant des emplois durables, ainsi qu'en renforçant l'identité, la réconciliation et la solidarité.

Figures inspirantes

Théa Stübener, stagiaire à l’UNESCO

"Ce stage m’a permis de préciser mes objectifs professionnels"

"Après un master en communication politique et lobbying à l’ULB, j’ai découvert sur LinkedIn l’opportunité de faire un stage grâce aux publications de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Paris. J’effectue actuellement un stage à l’UNESCO dans la section ‘Science, Technology and Innovation Policy (STIP)’. Je travaille particulièrement sur l’égalité de genre en sciences, tant à travers l’Appel à l’action de l’UNESCO pour combler l’écart entre les genres en sciences que pour le programme L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science. Cette expérience m’a appris à évoluer dans un environnement multiculturel stimulant et à pratiquer et perfectionner mon anglais. J’ai également eu la chance de travailler au sein d’une équipe accueillante, qui a tout mis en œuvre pour que je m’y sente bien et que je progresse au maximum durant ces six mois. Les tâches étaient variées et aucune journée ne se ressemblait, allant de la communication événementielle à la rédaction de briefings diplomatiques, en passant par la présentation des programmes de l’UNESCO devant des étudiants et étudiantes. Ce stage m’a aussi permis de préciser mes objectifs professionnels et de découvrir des milieux dans lesquels je m’épanouis pleinement. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes formidables qui sont devenues des amis. J’ai pu profiter pleinement de la richesse des offres culturelles de Paris. Enfin, j’aimerais souligner l’importance des bourses WBI pour ces stages au sein d’organisations internationales. Elles constituent un moyen concret de rendre ces expériences plus accessibles et ouvertes à tous. En passe de terminer mon stage, je suis persuadée que les compétences que j’ai acquises, ainsi que le réseau que j’ai pu construire au cours de cette expérience, me seront d’une grande aide pour ma carrière".

Yasmine Slimani, ancienne stagiaire à la FAO

"À la suite de ce stage, j’ai été embauchée à la FAO"

"En septembre 2024, diplômée d’un master en relations internationales de l’UCLouvain-FUCaM Mons, j’ai eu la chance de découvrir une opportunité de stage proposé par Wallonie-Bruxelles International sur LinkedIn. Après avoir passé les entretiens, j’ai rapidement intégré le bureau de liaison de la FAO (Food and Agriculture Organization) à Genève pour un stage de six mois. Ce fut une expérience exceptionnelle. J’ai eu l’opportunité de me plonger dans des questions liées aux droits humains, en explorant particulièrement leurs liens avec les systèmes agroalimentaires. Ce stage m’a permis, non seulement de contribuer à un travail d’importance cruciale dans un cadre international, mais aussi d’entamer ma carrière en tant que consultante sur les droits humains, avec un accent particulier sur le droit à l’alimentation. Je suis profondément reconnaissante envers WBI dont le soutien a rendu cette expérience possible et m’a ouvert les portes d’un avenir que je n’aurais jamais imaginé. Je tiens aussi à remercier chaleureusement l’équipe de la FAO pour son accueil bienveillant et pour m’avoir permis de continuer à collaborer avec elle au-delà du stage. En effet, en mai 2025, j’ai été embauchée en tant que Right to Food Junior Specialist à la FAO à Genève. Si je devais adresser un message à tout jeune qui envisagerait un stage dans une organisation internationale, ce serait : n’hésitez pas une seconde !".

Figure marquante

Isabelle Durant, Secrétaire générale ad interim de la CNUCED

"J’ai tapé sur le clou à toutes les occasions"

C’est depuis 2021, au moment de la pandémie du coronavirus, qu’Isabelle Durant est Secrétaire générale de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement). Cet organe parlementaire permanent, créé en 1964 par l’Assemblée générale des Nations Unies, a pour objectif d’intégrer les pays en développement dans l’économie mondiale. Depuis qu’elle a rejoint la CNUCED, Isabelle Durant a contribué sans relâche à rendre le commerce international plus inclusif et plus vert. "J’ai tapé sur le clou à toutes les occasions, tant avec les partenaires du Sud que ceux du Nord. Rendre les économies du Sud moins ‘extractives’, dépendantes des produits de base et laisser transformation, usinage et valeur ajoutée à ceux du Nord ne peut plus être une option. Ils paient cash les effets du dérèglement climatique dont ils ne sont que peu responsables. Laissons-les décider du rythme de la transition, alors qu’ils sont confrontés à des urgences de développement. Le soutien à des projets concrets dans ces domaines, ainsi que dans celui du numérique pour le développement, a été une façon de nourrir le dialogue et l’engagement réciproque". Elle s’est également fait l’avocate de l’égalité des sexes. Elle s’est fortement impliquée dans la réponse socio-économique des Nations Unies face à la crise du coronavirus. Elle a dirigé les travaux de la CNUCED dans ce domaine, lesquels ont porté sur un large éventail de questions interdépendantes, touchant notamment au financement, à la technologie, à l’investissement et au développement durable.

Au Conseil des Droits de l’Homme, organe intergouvernemental du système des Nations Unies créé en 2006, où elle siège en tant qu’experte, Isabelle Durant mène les mêmes combats, mais sur un autre terrain. "Celui du droit au développement à intégrer dans le corpus des droits économiques et sociaux. Ce n’est pas gagné en ces temps de définancement de l’aide publique au développement".

Ce qui lui tient particulièrement à cœur ? "Le multilatéralisme. Sans lui, tout ce qui a été conquis au fil des décennies en matière de droits humains, de normes techniques, de sécurité, de savoir et de science, disparaît. Oui, l’ONU est imparfaite, lente, lourde, mais il ne faut pas confondre critique légitime et rejet de l’idée de solidarité entre les nations".

Mise en perspective historique et symbolique

  • 24 octobre 1945 : L’ONU est fondée à San Francisco
  • 17 janvier 1946 : Première séance du Conseil de sécurité de l’ONU à Londres
  • 1948 : Déclaration universelle des Droits de l’Homme
  • 1952 : Le siège des Nations Unies s’installe à New York
  • 1956 : Première mission d’interposition armée (Force d’urgence des Nations Unies en Egypte, crise du canal de  Suez)
  • 1972 : Programme des Nations Unies pour l’Environnement et Convention sur le Patrimoine mondial
  • 1986 : Premières participations de la FWB dans les enceintes multilatérales
  • Années 1990 : Statuts de la Cour pénale internationale
  • 2005 : Convention sur la Diversité des Expressions culturelles
  • 2015 : Adoption des Objectifs du Développement Durable (ODD)
  • 2024 : Pacte pour l’Avenir et relance des ODD
  • 2025 : 80e session de l’Assemblée générale
     

Ce dossier consacré aux 80 ans de l'ONU a été rédigé par Jacqueline Remits pour la Revue W+B n°170.

Le Beffroi de Mons, patrimoine mondial de l'UNESCO ©️ WBT - Bruno D'Alimonte
Le Beffroi de Mons, patrimoine mondial de l'UNESCO ©️ WBT - Bruno D'Alimonte
Le Palais de Nations à Genève et sa célèbre allée de drapeaux © UN Photo/Violaine Martin
Le Palais de Nations à Genève et sa célèbre allée de drapeaux © UN Photo/Violaine Martin
La salle du Palais des Nations à Genève © UN Photo/Elma Okic
La salle du Palais des Nations à Genève © UN Photo/Elma Okic
Le Doudou de Mons, reconnu au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO © WBT - Anibal Trejo
Le Doudou de Mons, reconnu au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO © WBT - Anibal Trejo
Le célèbre Carnaval de Binche reconnu au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO © Olivier Legardien
Le célèbre Carnaval de Binche reconnu au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO © Olivier Legardien
La délégation belge chapeautée par le Ministre wallon de la santé, Yves Coppieters, à l’Assemble mondiale de la santé en mai 2025 © DR
La délégation belge chapeautée par le Ministre wallon de la santé, Yves Coppieters, à l’Assemble mondiale de la santé en mai 2025 © DR
Le site de Blegny-Mine fait partie des quatre sites miniers majeurs de Wallonie reconnus par l’UNESCO © WBT - Olivier Legardien
Le site de Blegny-Mine fait partie des quatre sites miniers majeurs de Wallonie reconnus par l’UNESCO © WBT - Olivier Legardien
Le Palais des Nations, symbole de l’ONU à Genève © UN Photo/Rick Bajornas
Le Palais des Nations, symbole de l’ONU à Genève © UN Photo/Rick Bajornas
Le siège de l’UNESCO à Paris © UNESCO - P. Chiang-Joo
Le siège de l’UNESCO à Paris © UNESCO - P. Chiang-Joo
Le Mundaneum à Mons, dont l’histoire est liée à celle du multilatéralisme, est classé au Patrimoine documentaire "Mémoire du Monde" de l'UNESCO © Britt Jonckers/Day Trips With Britt
Le Mundaneum à Mons, dont l’histoire est liée à celle du multilatéralisme, est classé au Patrimoine documentaire "Mémoire du Monde" de l'UNESCO © Britt Jonckers/Day Trips With Britt
Les représentants des Villes Créatives numériques de l’UNESCO lors de la Réunion mondiale à Namur en octobre 2025 © J. Van Belle - WBI
Les représentants des Villes Créatives numériques de l’UNESCO lors de la Réunion mondiale à Namur en octobre 2025 © J. Van Belle - WBI
La Foire de Liège, symbole de la culture foraine reconnue au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO © WBT - Christophe Vandercam
La Foire de Liège, symbole de la culture foraine reconnue au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO © WBT - Christophe Vandercam
Le siège de l’ONU à New York © UN Photo/Yutaka Nagata
Le siège de l’ONU à New York © UN Photo/Yutaka Nagata
Le siège de l’ONU à New York © UN Photo/Michos Tzovaras
Le siège de l’ONU à New York © UN Photo/Michos Tzovaras
La Ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse, en visite à l’UNESCO en juin 2025 © Cyril Bailleul - UNESCO
La Ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse, en visite à l’UNESCO en juin 2025 © Cyril Bailleul - UNESCO

Contacts

Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Paris

Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Genève

Déléguée générale Wallonie-Bruxelles à Genève

Département Affaires multilatérales

Inspecteur général - Direction des Affaires multilatérales / Direction Union européenne / Direction Francophonie