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Ethique et IA: le Namur Digital Institute rejoint un consortium international de recherche de pointe

Mis en contact grâce à l’Agent de Liaison Scientifique – Allemagne de WBI, Mathieu Quintyn, le Namur Digital Institute intègre le consortium international GAIEC dédié à l’éthique et l’Intelligence artificielle.

Une thématique d’importance, à l’heure où le profiling et, de manière générale, la protection des données et les libertés font débats dans le cadre de la crise du COVID-19.

 

La Bavière : the « place to be » pour les développements de l’Intelligence artificielle

Ce n’est un secret pour personne : l’Europe accuse un déficit en matière d’investissements dans les domaines de la recherche et du développement d’application en matière d’intelligence artificielle.
La Bavière n’a pas attendu l’Europe pour faire ce constat en adoptant le 10 octobre 2019 sa stratégie High Tech doté d’une valeur de 2 milliards €.  L’un des objectifs principaux de cet agenda est de faire de la Bavière une région de référence mondiale dans l’Intelligence Artificielle en soutenant  la recherche et le développement technologique, les infrastructures, l’éducation et la compétitivité des entreprises. En terme de recherche et d’innovation, 360 millions d’euros sont ainsi spécifiquement alloués à l’IA, avec pour but de créer 100 chaires universitaires d’IA dans tout le Länder.
 

La TUM (Université Technique de Munich) reconnue comme l’une des meilleure université au monde sur ces thématiques

Grâce au support de cette stratégie, l’expertise de pointe de la TUM dans les domaines technologiques d’excellence de la robotique et de l’intelligence artificielle connaît actuellement  une expansion massive. Avec  la création de la Munich School of Robotics and Machine Intelligence (2017), de l’Institut d’Ethique en Intelligence Artificielle (2019) et de l’Institut de Science des Données de Munich (2020), l’expertise de quelque 60 professeurs travaillant dans le domaine de l’IA à la TUM est aujourd’hui placée dans un cadre interdisciplinaire pour la création d’activités innovantes et résolument tournées vers l’avenir. Ce cadre fait de la TUM  l’une des meilleures universités au monde dans le domaine de la recherche sur l’intelligence artificielle. Le magazine britannique "Times Higher Education" (THE) l’a ainsi classé sixième en 2018, ce qui en fait l’université allemande la mieux classée dans ce domaine.
 
C’est dans ce contexte que l’Agent de Liaison Scientifique - Allemagne de WBI a commencé développé une stratégie de réseautage avec les différents instituts bavarois. Son entremise a permis au NAMUR DIGITAL INSTITUTE d’intégrer le consortium international GAIEC dédié à l’Ethique et l’intelligence artificielle.
 

L’éthique et l’intelligence artificielle : des enjeux majeurs pour notre société

Dans un monde rendu de plus en plus globalisé par les technologies digitales, de nombreuses publications relatifs à l’éthique du numérique ont récemment vu le jour. L’Intelligence Artificielle possède cet immense pouvoir d’accélérer l’innovation, mais aussi s’il n’est pas maîtrisé, d’altérer la gouvernance de nos sociétés et de nos droits les plus fondamentaux : nos sociétés sont de plus en plus dirigées par les GAFAM. L’éthique n’a-t-elle pas à exiger que la technologie soit au service de l’homme, de ses libertés individuelles et publiques, de sa dignité et de nos démocraties ?
 
Les aspects éthiques liés au développement d’applications de plus en plus nombreuses de l’IA préoccupent nos gouvernements et en particulier les instances internationales : l’OCDE, le Conseil de l’Europe, l’UNESCO et les différentes institutions de l’Union européenne publient des études, lancent des groupes de travail et publient des textes réglementaires en la matière. Pour cette raison, une approche systématique et scientifique de l’étude des questions éthiques pratiques liées à l’IA et à ses diverses applications modernes devient cruciale, en particulier dans les cas complexes qui impliquent des valeurs et des intérêts concurrents.
 

Le Global AI Ethics Consortium (GAIEC) : des expertises académiques de pointes issus du monde entier (Sorbonne, Oxford, Cambridge, Tokyo…)

Dans ce contexte, l’IEAI (Institut d’éthique en Intelligence artificielle de la TUM) dirigé par le Prof-Dr. Christoph Lütge, a annoncé le 15 avril dernier le lancement du consortium Global AI Ethics Consortium (GAIEC). Il s’agit de réunir les compétences d’excellence à un niveau mondial des institutions académiques, des centres de recherche et d’éminents universitaires, afin de de maximiser le potentiel de l’IA tout en limitant ses méfaits, en créant des cadres éthiques.
 
En intégrant le consortium, le NADI, qui regroupe plus de 150 chercheurs de diverses disciplines réunis autour du thème  «  Numérique et Société  », va pouvoir ainsi collaborer avec des universités aussi prestigieuses que la Sorbonne, Oxford, Cambridge, Singapour ou Tokyo (…) sur des thématiques d’innovation qui auront un impact majeur sur le développement futur de nos chaînes de valeurs industrielles et l’évolution de notre société (Connected cars, Healthcare, protections des données, profiling, gouvernance…). L'Intelligence Artificielle constitue effectivement un des 7 axes de recherche du NADI, dont une des caractéristiques principales est précisément la multi-disciplinarité.
 
Plus spécifiquement, le NADI sera représenté par ses deux co-présidents :

  • le Dr.Yves Poullet : professeur émérite et recteur honoraire de l’UNamur, professeur associé à l’UC Lille. Il copréside le NADI et est membre de l’Académie royale de Belgique. Il a rejoint, depuis un an, la Chambre contentieuse de l’autorité belge de protection des données et dirige depuis quelques mois le groupe de travail ‘info-Ethics’ du programme IFAP (UNESCO). Il a rédigé avec le professeur FRENAY de la faculté d’informatique le rapport et la recommandation sur le profilage en discussion au Conseil de l’Europe.
  • le Dr. Jean-Marie Jacquet : professeur à l’UNAMUR et co-président du NADI.

 

WBI : Des multiples opportunités de collaborations pour la Wallonie

La concrétisation de cette opportunité de collaboration entre l’Université de Namur et l’Université Technique de Munich doit pouvoir s’inscrire dans une dynamique d’innovation ouverte et de création de synergies pour la région.
 
Dans ce cadre, des consultations sont en cours avec d’autres opérateurs wallons comme le pôle de la santé BIOWIN, afin de répondre aux besoins immédiats d’expertise liés à la crise du COVID-19 et aux nouvelles questions éthiques liées à l’utilisation de l’IA dans la gestion de la pandémie. Des complémentarités peuvent également être réalisées avec le Festival pour la culture digital et des industries créatives à Namur, le KIKK Festival.
 
Ces démarches permettent de renforcer la stratégie de l’Agent de Liaison Scientifique-Allemagne pour la mise en place de partenariats de valorisation technologique entre la Wallonie et l’Allemagne, et plus spécifiquement avec la Bavière.
 
Contact : Mathieu Quintyn (ALS – Allemagne) - m.quintyn@wbi.be

Dernière mise à jour
01.09.2020 - 13:14
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