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A Sunday in the Country : une parenthèse cinéphile en Pologne

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Stanislas Ide, critique de cinéma bruxellois, a participé au programme "Sunday in the country", une résidence de critiques de cinéma du festival Nowy Horizonty, avec le soutien de la Délégation Wallonie-Bruxelles à Varsovie.

"Lorsque j’ai reçu l’invitation, je n’en revenais pas : la Fédération Wallonie-Bruxelles s’associe à la European Film Academy et au festival de cinéma New Horizons de Wroclaw pour envoyer un critique de cinéma quelques jours en Pologne ! Mieux, ils m’ont sélectionné comme le candidat belge de la huitième édition de ce programme intitulé "A Sunday in the Country". Le concept est assez génial. L’idée de départ est que les critiques de cinéma européens constituent une famille vivant séparément. Pendant quatre jours, une dizaine d’entre eux sont invités à se réunir pour voir des films, rencontrer des réalisateurs, cuisiner ensemble (et boire un peu de vodka, mais ça c’est une autre histoire). Au-delà du plaisir évident de parler de cinéma avec d’autres boulimiques d’images comme moi, l’intérêt de la démarche m’a frappé. Notre profession nous oblige à voyager pour nous rendre dans divers festivals, et je rentre de Wroclaw avec dix nouveaux alliés que je peux contacter demain ou dans cinq ans pour poser des questions sur l’industrie cinématographique de leur pays.
Les quatre films que nous avons vus sont Dirty God de la Hollandaise Sacha Polak, The Miracle of the Sargasso Sea du Grec Syllas Tsoumerkas, Fugue de la Polonaise Agnieszka Smoczynska, et Divino Amor du Brésilien Gabriel Mascaro (et gros coup de cœur pour Sacha et Agnieszka).
Nos discussions nous ont amenés à questionner notre rapport au métier de critique de cinéma. Que faire maintenant qu’internet enterre doucement la presse papier ? Quel intérêt y a-t-il à descendre un film dans une critique négative ? Comment rester objectif lorsqu’une interview vous met face à un artiste pour qui vous développez de la sympathie ? La radio et le vidéo sont-ils les outils de prédilection dans l’avenir de notre profession ? Après quatre jours de plaisir intense, je me retrouve chez moi avec une liste de films à rattraper longue comme le dernier film d’Abdellatif Kechiche. Et un arrière-goût de vodka dans la bouche (mais ça, c’est une… vous avez compris).
 
Stanislas Ide
 
Bio : Journaliste cinéma pour Métro Belgique depuis septembre 2018, Stanislas Ide se forme du côté des festivals. Il travaille d'abord dans l'organisation logistique du Prix LUX du Parlement européen, puis du projet "28 Times Cinema" dans le cadre du Festival de Venise, et ensuite pour la programmation de la section "Giornate degli Autori" du même festival. Il compose également des analyses de films pour des écoles secondaires en Flandre (via l’ASBL JEF), et se charge de la sélection de documentaires pour les rendez-vous "Dimanches Orange", qu'il organise via son ASBL Tissu Orange depuis mars 2014.