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Nova_XX, une première réussie!

La 1ère édition parisienne de la Biennale Nova_XX s’est ouverte en mode bicéphale : le 29/11/2019 au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris et le 30/11 chez l’un des partenaires de la Biennale, la Fondation privée Lafayette Anticipations.

Echéance incontournable française des arts numériques, la Biennale Némo, consacrée à la création numérique à Paris et en Ile de France, a inscrit le Nova_XX dans son calendrier.
 
Nova_XX, dédiée à l'innovation artistique, scientifique et technologique au féminin et à l'ère du 4.0, s’est affirmée comme une biennale polymorphe constituée d’une exposition collective, de rencontre, de débats, de parties de jeu… pour se clôturer chez un autre partenaire essentiel, à savoir, chez la Galerie Charlot à Paris.
 
L’exposition dévoilée en galerie du CWB a constitué le cœur de la biennale ; des œuvres de pionnières américaines des arts médiatiques et conceptuels furent présentées grâce au soutien d'un collectionneur bruxellois. Celles-ci  ont côtoyé  les travaux des sept artistes internationales sélectionnées par un jury de professionnels belges et français, dans le cadre d'un appel à candidatures ouvert par le CWB au printemps dernier.
 
Haro sur les héros a été le mot d’ordre de cette biennale fondée par Stéphanie Pécourt - directrice du CWB - en 2017 à Bruxelles. Au cœur de Nova_XX, des enjeux comme celui - essentiel - de la sous-représentation des créatrices dans la sphère numérique, digitale et entrepreneuriale. La conjonction de ces thématiques résume à elle seule l'ambition même de la Biennale, celle de la mise en exergue d’œuvres qui critiquent autant qu’elles attestent et incorporent des innovations scientifiques et technologiques ; des œuvres qui se distinguent par l’excellence des processus et protocoles de recherche qui en constituent les bases, souvent reconnaissables dans les pratiques artistiques féminines.
 
Tout cela n’est quand-même pas au profit d'un grand remplacement du  « ils » par les « elles » ; Nova_XX a promu un changement de paradigme dans la façon d’appréhender le génie, la créativité et visait à promouvoir la rupture des corporations et la sortie des logiques binaires.
 
De la multinationale fictionnelle produisant de l’art à grande échelle racontée par la française Danielle Gutman Hopenblum - le NeoConsortium - à l’organicité du Creatures Cluster de la grecque Katerina Undo, qui grâce à l’électronique créative des cellules solaires constitue une sorte de « système nerveux » potentiellement extensible à l’infini, en passant par les installations de bio-art de la belge Pepa Ivanova (Decay, An Evolution Game) et par le cinéma interactif de la colombienne Laura Colménares Guerra (Lagunas), qui sensibilisent en filigrane au thème de l’impact humain sur l’environnement… Jusqu’à à l’interface cérébrale de l’œuvre de Naziha Mestaoui Sounds of light, qui transpose les vibrations de la voix dans les chants d’un chamane dans les frémissements liquides à la surface d’une pellicule d’eau.
 
Toutes ces créatrices utilisent des techniques et technologies d’hier et d’aujourd’hui pour se saisir de problématiques intemporelles ou inhérentes à notre époque.
 
L’installation cinétique de l’italienne Cinzia Campolese, Frame of reference, illusionne nos perceptions, tandis que le design spéculatif de la canadienne Marie-Eve Levasseur, An Inverted System to feel (your shared agenda), cogite sur un futur transhumaniste dans lequel la peau deviendrait écran tactile et surface de stockage de données…
 
Ces deux dernières artistes ont été d’ailleurs distinguées dans le cadre de la Biennale, grâce d’une part à l’intervention du couple de collectionneurs français Evelyne et Jacques Deret, fondateurs du prix Art [ ] Collector, qui ont acquis l’œuvre de Cinzia Campolese et doté l’artiste d’un prix  de 3000 euros, destiné à permettre la production d’une œuvre future et à optimiser la mise en réseau de la lauréate.
 
D’autre part l’équipe de BOZAR.Lab (Bruxelles) a décerné un prix à Marie-Eve Levasseur et à son œuvre ; l’artiste se verra l’opportunité d’exposer à BOZAR aux côté des S+T+ARTS Prizes, en septembre 2020.
 
La soirée d’ouverture a accueilli aussi entre autres les performances de la canadienne Myriam Bleau et de la française Hélène Barrier.
 
« L’idée, toujours, étant de nous donner des lectures de fragments ou du monde au travers d’attitudes et de formes. Quand ce ne sont pas les attitudes de ces artistes femmes qui continuent à devenir formes, dans une société en mouvement » (extrait de Attitudes et formes au féminin, du critique d’art, enseignant et commissaire indépendant Dominique Moulon, à propos de l’exposition Nova_XX / Haro sur les héros – au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, du 29/11/2019 au 05/01/2020). 

Dernière mise à jour
31.01.2020 - 12:11
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